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Les méduses Aurélie, pensionnaires emblématiques du Muséum

Publié le 27 août 2026

Vous vous souvenez peut-être… Elles avaient fait leur première apparition lors de l’exposition « Méduses » en 2014 : les méduses Aurélie (Aurelia aurita) avaient pris place dans cet aquarium circulaire, plongeant le Muséum dans une ambiance flottante et hypnotisante. Depuis, elles font partie des symboles du Muséum. Mais que savons-nous vraiment d’elles ? Derrière leur apparente simplicité se cache un animal étonnant, dont le mode de vie et le cycle de développement réservent bien des surprises.
Alors, qui sont vraiment les méduses Aurélie ?

Une méduse presque entièrement composée d’eau

Avec leur ombrelle translucide et leurs quatre formes caractéristiques au centre du corps, les méduses Aurélie sont facilement reconnaissables. Comme toutes les méduses, Aurelia aurita appartient au groupe des cnidaires, comme les coraux et les anémones de mer. Et contrairement aux poissons, elle n’a ni squelette, ni cœur, ni poumons… ni même de cerveau ! Son système nerveux est constitué d'un réseau diffus de cellules nerveuses qui lui permet notamment de percevoir son environnement et de coordonner ses mouvements.

Difficile d'imaginer un animal aussi fonctionnel avec une organisation aussi simple : son corps est constitué d'environ 95 % d’eau et elle n’a pas besoin de poumons pour respirer. L’oxygène dissous dans l’eau traverse directement ses tissus. Son système digestif est lui aussi très simple : une seule ouverture permet de faire entrer la nourriture et de rejeter les déchets. Pratique !

Le saviez-vous ? Les quatre formes que l’on distingue au centre de son ombrelle sont ses gonades, c’est-à-dire ses organes reproducteurs. 

Comment se déplace-t-elle ?

À première vue, on pourrait croire que la méduse nage simplement en se laissant porter par l'eau. En réalité, sa nage est un peu plus subtile. Pour avancer, elle contracte son ombrelle, puis la relâche. Ces contractions successives créent un mouvement de propulsion. Mais la méduse reste fortement dépendante des courants marins pour ses déplacements. C'est d'ailleurs cette combinaison entre propulsion et courant qui explique le mouvement si particulier que l'on observe dans l'aquarium du Muséum.

Le saviez-vous ? Pourquoi tournent-elles en permanence dans leur aquarium ?

Si vous avez déjà passé quelques minutes devant les méduses du Muséum, vous avez probablement remarqué qu'elles semblent tourner sans fin. Ce mouvement n'est pas simplement là pour le plaisir des visiteurs ! Les aquariums destinés aux méduses sont conçus pour créer une circulation continue de l'eau. Les parois arrondies et l'absence d'angles permettent aux méduses de rester en mouvement et d'éviter de se retrouver coincées dans un coin, ce qui pourrait endommager leur ombrelle particulièrement fragile.


Que mangent les méduses ?

Malgré leur apparence délicate, les méduses sont de véritables prédatrices. Aurelia aurita se nourrit principalement de zooplancton (minuscules organismes qui dérivent dans l'eau) qu’elle capture grâce à ses tentacules. Pour cela, elle possède des cellules très particulières : les cnidocytes. Elles contiennent de minuscules capsules capables de projeter un petit filament urticant. Au contact d'une proie, ces structures se déclenchent extrêmement rapidement et permettent de l'immobiliser. 


Le saviez-vous ? Alors, est-ce qu’elles piquent ?

Oui, mais la méduse Aurélie est considérée comme peu urticante pour l’être humain. Son contact peut néanmoins provoquer une sensation désagréable chez certaines personnes. 

Une vie en plusieurs étapes

C'est probablement l'un des aspects les plus étonnants de la biologie des méduses : la grande méduse que nous observons dans l’aquarium n’est qu’une étape de son cycle de vie.

Après la reproduction, Aurelia aurita produit une petite larve appelée planula. Celle-ci se fixe ensuite sur un support et devient un polype. À ce stade, elle ressemble davantage à une petite anémone qu’à une méduse ! Lorsque les conditions sont favorables, le polype se transforme en strobile, qui va libérer de jeunes méduses appelées éphyres. Elles grandissent ensuite jusqu’à devenir les méduses adultes que nous connaissons.

Un même animal peut donc connaître des formes de vie très différentes au cours de son existence. Un cycle de vie pour le moins étonnant !

Peut-elle voir sans avoir d'yeux ?

Pas vraiment comme nous ! Les méduses ne disposent pas d'un cerveau central capable d'analyser les informations comme le nôtre. Elles possèdent cependant des structures sensorielles leur permettant de percevoir leur environnement. Elles peuvent notamment détecter la lumière et certains mouvements de l'eau.


Une histoire bien plus ancienne que les dinosaures

Les méduses font partie d’une lignée animale dont l’histoire évolutive remonte à plusieurs centaines de millions d’années, bien avant l’apparition des dinosaures.

Et si vous avez déjà entendu parler de la « méduse immortelle », il s’agit d’une autre espèce : Turritopsis dohrnii. Celle-ci possède une capacité étonnante à revenir à un stade de développement plus précoce dans certaines conditions.

Nos méduses Aurélie, elles, ne sont pas immortelles, mais elles restent fascinantes : sans cerveau ni cœur, presque entièrement composées d’eau, elles sont capables de se déplacer, de capturer leurs proies et de suivre un cycle de vie particulièrement étonnant.


Alors, la prochaine fois que vous passerez devant leur aquarium, prenez quelques secondes pour les observer. Derrière leur ballet silencieux se cache une histoire scientifique vieille de plusieurs centaines de millions d’années.