LA SCIENCE AU SERVICE DU PATRIMOINE
Les trois récipients du Muséum du Havre réalisés en 2020 ont pu être analysés ainsi que trois récipients historiques provenant du British Museum, du musée du quai Branly, et d’une collection privée à Canberra.
Plusieurs méthodes d’analyses ont été employées :
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L’observation sous microscope numérique et lumière blanche
Le microscope numérique permet de noter toutes les caractéristiques extérieures visibles sur les échantillons (aspect, structure, particularités en surface…). Des observations à l’œil nu ont également été menées, telles que l’examen de la transparence des sacs à la lumière blanche (couleurs, opacité) et l’observation sous lumière ultraviolet (UV).
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La spectroscopie Infrarouge à transformée de Fourier (FTIR)
Cette technique permet de mesurer la quantité de lumière absorbée par un échantillon en fonction d’une longueur d’onde donnée. Les bandes d’absorption visibles sur le spectre sont alors révélatrices des différents types de molécules présentes au sein de l’échantillon.
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La spectrométrie de fluorescence des rayons X (XRF)
Cette technique d’analyse utilise quant à elle, une propriété physique de la matière : la fluorescence de rayons X. Lorsque l’on expose des rayons X sur de la matière, cette dernière va réémettre de l’énergie sous la forme, entre autres, de rayons X : c’est la fluorescence X. Le spectre alors émis par la matière, est caractéristique de la composition de l’échantillon. En analysant ce spectre, on peut en déduire sa composition élémentaire, c’est-à-dire les éléments chimiques présents et leur concentration.
Le rapport d’analyse réalisé par le Pôle Conservation-Restauration du Patrimoine des collections du musée du quai Branly a permis de confirmer l’usage d’algues locales pour la réalisation de ces récipients à eau. Des analyses complémentaires permettraient d’apporter des informations concernant l’ADN de ces échantillons et enrichir notre connaissance scientifique sur la composition de ce patrimoine culturel ancien (DAHER Céline, 2022).
En outre, des investigations autour de la technique de fabrication des contenants pourraient permettre de mieux comprendre l’utilisation et la transformation de l’algue, ainsi que sa mise en forme en vue de son usage de transport de liquide.
Consulter l'article qui résulte de l'atelier.
Article rédigé à partir du rapport d’analyses du pôle conservation-restauration du musée du quai Branly – Jacques Chirac.
Sincères remerciements aux équipes du Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Céline Daher et Stéphanie Leclerc-Caffarel, le British Museum et le Tasmanian Museum and Art Gallery.
BIBLIOGRAPHIE - références - pour aller plus loin
- DAHER Céline, 2022. Rapport d’analyses interne, Pole Conservation-Restauration, Département du Patrimoine et des Collections, musée du quai Branly - Jacques Chirac.
- Leclerc-Caffarel Stéphanie, Servain-Riviale Frédérique et DAHER Céline, 2020. Un extraordinaire objet de Tasmanie, Jokkoo #36, Les amis du quai Branly-Jacques Chirac, p12-15.
- Leclerc-Caffarel Stéphanie, Servain-Riviale Frédérique et DAHER Céline, 2021. Le plus vieux récipient en algue de Tasmanie conservé au monde, musée du quai Branly-Jacques Chirac. (www.quaibranly.fr/fr/collections/vie-des-collections/actualites/le-plus-vieux-recipient-en-algue-de-tasmanie-conserve-au-monde/)
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Leclerc-Caffarel Stéphanie & Servain-Riviale Frédérique, 2021. Un contenant en algue de Tasmanie de l’expédition d’Entrecasteaux (1791-94) identifié au musée du quai Branly – Jacques Chirac, Journal de la Société des Océanistes, p152 | 2021, 155-168.
Muséum d’histoire naturelle du Havre (2023)
© Crédits photos, Cléa HAMEURY - Muséum d’histoire naturelle du Havre