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Coulisses
Regard nouveau sur les collections Archinard
Entre identification et provenance
Publié le 20 novembre 2023
Le Muséum d’histoire naturelle du Havre retrace la provenance de la collection Louis Archinard. Les objets qui la composent ont été donnés entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Les objets proviennent principalement des campagnes militaires menées le long du fleuve Niger, dans les actuels Sénégal, Guinée et Mali.
LA CONTROVERSE DES DONS DU COLONEL ARCHINARD
CONCERNANT LE FONDS ARCHINARD DU MUSEUM DU HAVRE
Le Muséum d’histoire naturelle du Havre conserve une collection ethnographique riche de 1000 objets tous continents confondus. Parmi les quelques 500 pièces africaines, une centaine a été jusqu'alors attribuée au donateur Archinard mais leur origine reste encore à préciser.
La collection dite Archinard, constitue un des fonds historique du Muséum.
En 1944 pourtant, les bombardements ont provoqué la destruction d’une grande partie des objets exposés et conservés au Muséum. Toutefois une partie des collections a été mise à l'abris en 1941 puis en 1942 par André Maury, conservateur de l'époque. Parmi elle, comptait tout ou partie de la collection Archinard.
Un malheur n'arrivant jamais seul, une inondation est venue affecter en 1984 les réserves des fonds ethnographiques entraînant probablement d’importantes pertes et le déplacement d’objets.
Ces évènements ont eu un impact négatif sur les informations liées aux collections, leur traçabilité précise ayant été perturbée.
C’est dans ce contexte que l’établissement, sous la direction d’Anne Liénard[1], lance un vaste chantier d’identification de la provenance de son fonds Archinard.
L’enjeu est d’abord de redéfinir quels objets font réellement partie des dons de Louis Archinard. Ensuite, il faut déterminer précisément les modes d’acquisition de ces objets par le général. Ont-ils été pris dans un contexte militaire ? Ont-ils été achetés ? Si oui, dans quelles conditions ?
Justine Soistier, historienne spécialisée dans la recherche de provenance d’objets pris en contexte colonial, est chargée de cette mission.
Au total, ce sont 93 objets qui sont concernés. Justine partage ses recherches entre les Archives nationales d’outre-mer situées dans le sud de la France (Aix-en-Provence) et celles du Musée Quai Branly- Jacques Chirac, du Muséum d’histoire naturelle du Havre et des Archives municipales du Havre.
« Les journaux de marches sont très intéressants, ils permettent de restituer sur chaque journée, les actions militaires opérées dans la région »
Dix objets ont déjà été identifiés par Justine Soistier comme ayant été donnés avec certitude par Louis Archinard. Parmi eux, ce "lissoir/polissoir". Outil en bois, il était utilisé dans des travaux de cordonnerie.
Si un chantier de provenance et d’identification se tient dans les réserves du Muséum, c’est parce que les législations sur les détentions d’objets pillés au sein des collections nationales évoluent.
Plusieurs pays, anciens territoires colonisés, souhaitent effectivement un retour des biens qu’ils considèrent comme ayant été volés durant la période coloniale.
C’est dans ce contexte que les musées nationaux se mobilisent de plus en plus dans les chantiers de recherches de provenance. Le but étant de faire la part de lumière sur l’origine floue de ces objets. Puis, d’anticiper éventuellement des restitutions ponctuelles de ces biens.